09 octobre 2008

Discours sur la Gauche et la mondialisation à Athènes de Ségolène Royal

La gauche et la mondialisation

Intervention à Athènes, le 2 octobre sur la mondialisation et la crise financière, voilà les deux thèmes que j’ai abordés et sur lesquels j’ai pu rappeler ma position. En ces temps si difficiles de crise mondiale, l'urgence est à l'action de toutes les gauches européennes.
Ségolène Royal


« Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Président du PASOK, cher George Papandreou,
Messieurs et Madame les Ministres,
Monsieur l’ancien Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les députes,
Mesdames et Messieurs, Chers amis, Chers camarades,

Je suis très heureuse d’être à Athènes et je remercie Monsieur Christos Lambrakis pour son invitation au Megaron, cette extraordinaire réalisation culturelle,
Merci à Monsieur Manos pour son accueil.

Personne n’aurait imaginé, au moment ou vous avez fixé le thème de cette conférence, sa brûlante actualité.

Je souhaite attirer votre attention pour commencer sur deux images tirées de l’actualité, deux images qui sont comme un symptôme du monde dans lequel nous vivons.

Mai 2008 : images d’émeutes dans les rues de Dakar, de Ouagadougou, de Bombay, de Djakarta. Des magasins sont pris d’assaut. Le sang coule parfois. Ce que l’Occident avait rejeté dans les tréfonds de sa mémoire collective refait surface : les grandes disettes sont de retour, des centaines de millions de gens meurent de faim. Et avec elles le déchaînement de violence, les bateaux de la misère qui tentent désespérément de rallier les côtes européennes.

Septembre 2008. Une image imprimée dans nos esprits, celle des salariés de Lehman Brother, la tête dans les mains. Des empires financiers s’effondrent comme des châteaux de cartes. La récession menace. Ceux qui se croyaient orgueilleusement à l’abri sentent le vent du boulet : la faillite généralisée guette, comme une réaction en chaîne désormais incontrôlable.

Deux images, deux réalités, un même monde, une même cause : un libéralisme qui nous met tous, à l’échelle du monde, en danger. L'heure pour la gauche n'est plus aux diagnostics tièdes, ni aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale et a la proposition d’un autre système.

En 1971, 18 milliards de dollars étaient échangés chaque jour. Aujourd’hui, ce sont près de 1 800 milliards de dollars qui circulent quotidiennement sur les marchés financiers. 1800 milliards de dollars : presque neuf fois la dette de tous les pays africains.

Ces mouvements de capitaux ne correspondent bien souvent qu’à des engagements de très court terme : il ne s’agit pas d’investissement dans des projets industriels, mais de placements purement spéculatifs. L’argent circule, l’argent va vite, entraînant le monde dans une spirale vertigineuse, une course au profit immédiat.

Oui, la sphère financière s’est affranchie de l’économie réelle. Et je ne crois pas qu’il s’agisse d’une perversion du système, comme si nous ne faisions face qu’à un simple dysfonctionnement accidentel, ponctuel.

Le capitalisme libéral porte en lui la menace de sa propre destruction, comme une tare originelle : livrés à eux-mêmes, les pulsions du capitalisme deviennent folles. Puisque j’ai le plaisir d’être invitée à Athènes, vous me permettrez donc d’oser
une comparaison entre le capitalisme libéral et l’attelage ailé que décrit Platon dans un de ses dialogues, Phèdre : sans la raison pour le brider, le maîtriser et le guider, le capitalisme est entraîné dans la course folle de ce que les Grecs anciens appelaient l’hybris.

La boucle était vertueuse nous disait-on. La finance devait servir l’économie réelle : ouvrez les marchés, le capital ira là où sont les bonnes idées, là où sont les bons projets, là où sont les bons investissements. Et vous verrez nous disait-on encore : un capital plus libre, c’est une économie plus forte, donc des sociétés plus prospères, donc des citoyens plus heureux. La boucle était bouclée…

Mais c’est l’inverse qui s’est produit : aujourd’hui, la finance ne sert qu’elle-même ; et une partie de l’économie n’est pas tournée vers le développement mais vers le profit pour le profit.
Le bon ordre des choses c’est : la finance au service de l’économie et non d’elle-même et l’économie au service du développement humain (bien être) et durable.

Aujourd’hui le désordre détruit tout.

Et si je me suis engagé en politique, au Parti socialiste, conseillère de François Mitterrand, membre du Parlement pendant vingt ans, trois fois ministre, présidente de Région, puis désignée par mon parti comme candidate à l’élection présidentielle, ce n’est pas pour dire : « Il n’y a rien à faire ».

Non, je suis là pour vous dire qu’un autre monde est possible, un ordre financier, économique, écologique et social juste et efficace. Rien ne serait pire qu’un colmatage de la crise qui conduirait de fait à la consolidation d’un système perverti.

Car, j’en suis convaincue, il n’est pas trop tard : soit la mondialisation est porteuse de toujours plus de malheurs. C’est possible, l’actualité nous le prouve chaque jour un peu plus. Soit la mondialisation provoque un progrès de civilisation. C’est possible aussi. C’est la volonté politique qui arbitrera cette alternative. Cela dépendra de notre volonté politique, de celle des socialistes, de tous les démocrates, de toutes les femmes et les hommes de progrès et de justice à l’échelle du monde.

L’histoire de la gauche, c’est encore et toujours une lutte pour l’émancipation. Son combat, c’est donner à chacun la possibilité de redevenir maître de lui même et de son destin. Son combat, c’est la démocratie réelle et pour tous.

Ces valeurs doivent être mises au service d’un nouveau projet de vie, adapté au monde tel qu’il est. Voilà la gauche que le monde attend avec impatience : une gauche qui bâtisse de nouvelles sécurités collectives pour permettre à tous, individus et Etats, de vivre en paix et dignement. Le chemin sera long. Mais n’en doutons pas, n’hésitons pas : l’avenir est de notre côté.

***

Le contexte de cette conférence est celui de trois défaites : la défaite du système financier, la défaite de la mondialisation et la soi-disant défaite idéologique de la gauche. Pour organiser la réponse de la gauche à ces trois défaites, je vois trois principes pouvant servir à bâtir un monde à la fois plus juste et plus sûr : le besoin du politique, le besoin de la règle et enfin le besoin du contrôle démocratique. Ce sera l’objet de cette conférence.


L’échec de la mondialisation financière

Il y eut le Mexique en 1994. Puis la Russie en 1997. Le Sud-ouest asiatique en 1998. Et puis le cataclysme des subprimes. Et à chaque fois le monde qui retient son souffle, laissant en suspens des questions lancinantes : « Comment en est-on arrivé là ? », « Où allons-nous » ? A chaque fois aussi, la résolution de changer. Et en fin de compte à chaque fois, une nouvelle inertie coupable au fur et à mesure que le souvenir de la crise s’estompe et que l’excitation de l’argent fou prend le dessus.

Ces crises ont toujours eu des causes spécifiques. Crise de change liée à des déficits abyssaux dans le cas du Mexique et de l’Asie du Sud Est.

Défaut d’un grand fonds spéculatif en Russie. Crise bancaire dans le cas des subprimes. Mais par delà ces singularités, on voit toujours le même processus à l’œuvre : celui d’un capitalisme financier ultra-mondialisé affranchi de toute règle. C’est un capitalisme qui a trouvé dans les nouvelles technologies et l’internet le milieu qui lui manquait pour donner la pleine puissance de lui-même.

Revenons un instant sur la crise des subprimes. La radiographie du cataclysme montre un enchaînement implacable
.

D’abord, la mise en échec de toutes les règles prudentielles, notamment celles mises en œuvre par le Comité de Bâle et la Banque des règlements internationaux.

Ainsi que le rappelait récemment l’économiste français Daniel Cohen, la règle du comité de Bâle impose aux banques de détenir
un dollar de capital environ pour 12 dollars de crédit. La finance de marché a contourne cette règle et permis à ses acteurs d'accorder 32 dollars de crédit pour un dollar de capital !

Par le biais de la titrisation, les banques ont pu revendre leurs créances et prêter toujours plus, au mépris de toute prudence élémentaire, en refusant de voir que le taux d’endettement des ménages américains atteignait des niveaux insoutenables.

Quant aux grands fonds spéculatifs, ils n’ont jamais été assujettis à la moindre règle et ce, d’autant moins qu’ils ont souvent leur siège dans des paradis fiscaux.


Cette crise est également une preuve de l’échec de la régulation de la finance par elle même. Les agences de notation n’ont pas fait le travail qui aurait du être le leur. Elles ont systématiquement sous-estimé les risques, continuant à noter triple A des institutions contaminées par des créances douteuses.

Enfin, cette crise montre l’agressivité de l’économie financiarisée pour l’économie réelle, qui produit de la valeur ajoutée. On a vu des banques provoquer le surendettement de millions de foyers dans le monde ; on les voit maintenant fermer irrationellement le robinet du crédit aux petites et moyennes entreprises, plongeant nos économies dans la crise.

Alors oui, il est temps enfin d’ouvrir les yeux et d’agir. Des acteurs privés, non contrôlés, détournant les règles peuvent conduire le monde au bord du gouffre : cela n’est pas acceptable !

***

Au fond, certaines convictions économiques sont devenues des dogmes : le Consensus de Washington en est la preuve absolue. Au début des années 1990, un cénacle d’économistes libéraux de la Banque mondiale et du FMI a considéré que le voie du développement passait par la récitation d’un mantra : pour créer de la croissance, il fallait attirer les capitaux ; pour attirer les capitaux, il fallait créer les conditions de la stabilité financière ; pour stabiliser des économies en proie à l’inflation, il fallait résorber tous les déficits, mener des politiques de rigueur et réduire la part de l’Etat à la portion congrue.

Libéralisation, déréglementation, ajustement structurel : combien de pays africains et latino américains ont ainsi été soumis à une thérapie de choc qui les a laissés exsangue?

Beaucoup pensaient par exemple que la libéralisation du commerce et des marchés financiers suffirait à créer les conditions d’une augmentation générale et équitablement répartie du niveau de vie. Il n’en a rien été.

Je prendrai un seul exemple, celui
de l’abaissement des taxes douanières. Aujourd’hui, dans la plupart des pays en voie de développement, on constate que la libéralisation du commerce n’a pas entraîné de hausse des échanges. La raison en est simple : s’il n’y a pas de ports, ou s’il n’y a pas de routes pour amener les produits aux ports, s’il n’y a pas d’équipements, il est tout simplement impossible d’exporter. Les barrières douanières ne sont rien en comparaison des barrières structurelles qui maintiennent les pays en voie de développement à l’écart des bénéfices de la mondialisation.

Alors bien sûr, la mondialisation a plusieurs dimensions, politiques, culturelles, environnementales, économiques.
Pourtant, force est de reconnaître que seule a prévalu jusqu’ici la dimension économique de la mondialisation. Et pire que cela, c’est une mondialisation libérale, sans régulation économique, qui s’est imposée, au prix de la crise que nous traversons aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle je parle sans détour d’un échec de la mondialisation libérale. Cet échec, il est à la fois :

- dans les têtes : en 2007, 74% des Français jugent la mondialisation « inquiétante » pour les salariés ce qui rend plus difficile la responsabilité que nous avons d’ouvrir nos pays vers les autres pour empêcher les règles nationalistes ;

- dans les faits. Les pays riches se sont enrichis ; les pays les plus pauvres se sont appauvris ; et à l’intérieur des pays riches eux-mêmes, les classes moyennes se sont fragilisées. Regardez l’Europe : dans tous les pays les classes moyennes estiment que leur situation se dégrade.


Le déficit démocratique de la mondialisation

Oui, la mondialisation libérale a échoué. Et la principale raison de cet échec réside d’abord dans le déficit démocratique de la mondialisation.

Par déficit démocratique, j’entends l’absence de prééminence donnée à des règles librement consenties par des citoyens libres d’exprimer ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas.

Je voudrais prendre un exemple, celui de la propriété intellectuelle et de l’accès aux médicaments génériques.

Il est bien entendu de la plus grande importance de reconnaître et de garantir la propriété intellectuelle des chercheurs, des écrivains et des créateurs. Mais cette reconnaissance doit être équilibrée, c’est-à-dire qu’elle doit prendre en compte les droits des bénéficiaires des innovations. Or, trop souvent, des situations de monopole sont créées par des droits de propriété intellectuelle trop forts.

Le cas des médicaments génériques est frappant. Une propriété intellectuelle très stricte a été établie dans ce domaine lors des accords de l’Uruguay round de 1994. En conséquence, les prix de ces médicaments ont beaucoup augmenté et beaucoup de pays en voie de développement n’ont pas pu acheter de médicaments contre le sida.

Le grand prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, rappelle que la valeur d’une année de médicaments contre le sida aux Etats-Unis est d’environ 10000 dollars, alors que cela coûte environ 300 dollars pour les produire.

À cause du régime de propriété intellectuelle, il est devenu interdit aux fabricants africains de les produire et de les vendre moins cher. 10000 dollars pour des pays dont beaucoup d’habitants vivent avec moins de 500 dollars par an : cette équation sans solution est un exemple tragique de l’échec de la mondialisation. Elle a placé les valeurs économiques, en l’occurrence les profits des entreprises pharmaceutiques, au-dessus d’autres valeurs fondamentales, au-dessus même de la valeur de la vie.

Se dévoile bien alors ce qui est, selon moi, la raison principale de l’échec de la mondialisation et la raison de son asymétrie : son déficit démocratique. Celui-ci s’observe ne serait-ce que dans l’attribution des droits de vote dans les institutions internationales. En principe, une personne = un droit de vote. Mais au FMI et à la Banque mondiale, les droits de vote sont proportionnels à la richesse du pays.

Soulignons aussi que les représentants des pays industrialisés ont tendance à défendre, non pas l’ensemble des citoyens de leurs pays, mais des groupes d’intérêts particuliers. Il faut rappeler que ceux qui, au FMI, prennent les décisions qui affectent le plus les politiques économiques des pays en voie de développement, sont les ministres des finances et les gouverneurs de Banques centrales. Ceux-ci ne se soucient pas d’emploi, ni de croissance, mais d’inflation – car quand l’inflation augmente, la valeur des bons du trésor diminue. Ils défendent ainsi plus les intérêts des détenteurs de ces bons que ceux de la société dans son ensemble.

***

Les décisions qui ont le plus affecté le cours de la mondialisation ces vingt dernières années n’ont ainsi presque jamais été le résultat d’un processus démocratique. Pourtant, chaque fois qu’un débat démocratique a été instauré sur des questions déterminantes pour l’économie mondialisée, les citoyens ont fait preuve d’une très haute conscience de l’intérêt général.

Sur toute une série de sujets fondamentaux pour nos sociétés et pour nos existences personnelles, la même carence démocratique de la mondialisation a donc produit les mêmes conséquences désastreuses.

Le philosophe français Jean-Pierre Dupuis, parlant de l’écologie, nous exhorte à pratiquer un catastrophisme éclairé. Il rejoint Hans Jonas, dont le principe responsabilité est arrimé à une « heuristique de la peur ».

Face aux conséquences dramatiques de la mondialisation libérale, nous devons nous aussi être des alarmistes éclairés et rationnels : non pas pour rester dans l’inaction, comme frappés par la gorgone ; mais bien plutôt pour agir, agir différemment, agir avec à l’esprit l’intérêt des citoyens et des peuples de cette planète.


Faut-il sauver le système ou le changer ?

Dans ces conditions, c’est bien la question de la défaite idéologique du capitalisme financier qui est posée.

La droite libérale a insisté ces dernières années sur la prétendue défaite idéologique de la gauche.
Et puis j’ai assisté stupéfaite à un revirement qui, en quelques semaines, à mis à mal, vingt-cinq ans de capitalisme libéral.

La crise financière entraîne avec elle des millions de petits épargnants. Elle jette à la rue non seulement des millions de petits propriétaires mais aussi les plus grands établissements bancaires. Alors, paniqués, les ennemis de l’Etat l’appellent à leur secours. Les ultralibéraux retournent leur veste. Et le gouvernement Bush se déclare prêt à injecter en quelques heures 700 milliards de dollars - soit trente fois l’aide publique au développement - qui étaient introuvables, il y a quelques semaines, pour mettre fin aux émeutes de la faim. Soulagement de ceux qui ont entraîné le système dans le mur : leur fortune est faite et ils ne paieront pas les pots cassés.

La question que je voudrais poser ce soir est la suivante : fallait-il intervenir et sauver les banques menacées de faillites ?
Cette question n’est pas posée à la légère. Nous faisons face en effet à un dilemme dont il faut mesurer toute la portée.

- Soit nous renflouons les banques coupables d’un aveuglement sans mesure et c’est tout un système pervers que nous sauvons. Car alors, le système saura que les Etats et derrière eux les contribuables sont là comme un ultime rempart. Et c’est l’irresponsabilité que nous encouragerons alors, avec des citoyens doublement victimes : victimes des agissements de banques qui les plongent dans le surendettement ; victimes d’un accroissement insupportable de la pression fiscale ou de la diminution de certaines dépenses publiques ;

- Soit nous refusons cet aléa de moralité – ce moral hazard comme on dit en anglais – et c’est alors un risque pour toutes nos économies. La peur peut s’emparer des marchés avec une violence que nous n’avons encore jamais vue, les banques refuser de se prêter entre elles ; et s’effondrer, les entreprises s’assécher faute de financement.
Pour dépasser ce dilemme, je propose une condition radicale, immédiate et non négociable : l’intervention publique doit être conditionnée à une révolution en profondeur du système financier international.

Oui, nous devons faire face à l’urgence et pour cela n’avons pas d’autre choix que de mettre en place une action internationale coordonnée. L’Union européenne doit se doter d’une véritable politique financière commune. Il nous faut la création d’un fonds d’intervention commun aux membres de la zone euro : car les sauvetages de Fortis ou de Dexia nous montrent qu’il s’agit de banques intervenant sur plusieurs pays européen.
Mais cette intervention doit être conditionnée : il faut revoir de fond en comble les règles prudentielles, limiter la possibilité de sortir les créances des bilans des banques par le procédé de titrisation ; il faut assujettir les fonds spéculatifs aux règles de solvabilité bancaires ; il faut créer de nouveaux mécanismes d’évaluation, avec une agence publique européenne de notation ; il faut également interdire les bonus non assujettis à l’impôt sur le revenu ; et puis surtout lutter contre les paradis fiscaux en refusant l’accès au territoire européen aux fonds ayant leur siège social dans de tels paradis.

C’est aussi le rôle du FMI qu’il faut revoir profondément. Aujourd’hui, le Fonds ne dispose pratiquement d’aucun moyen d’action. Ses ressources financières sont limitées et il ne peut guère jouer le rôle de prêteur en dernier ressort au niveau international.
Je ne voudrais pas revenir sur le débat qui, au moment de la conférence de Bretton Woods en 1944, opposa John Meynard Keynes et le secrétaire américain au Trésor Harry White. Keynes souhaitait que le FMI soit une véritable banque centrale mondiale, disposant d’un pouvoir de création monétaire lui permettant, en cas de besoin, de refinancer les banques centrales nationales. Il n’obtint pas gain de cause.

Il est possible que les idées de Keynes reviennent à l’ordre du jour. En tout état de cause, le Fmi doit disposer d’une assise financière beaucoup plus large et devenir le gendarme international des bourses et des banques : c’est lui qui doit être responsable de l’élaboration des nouvelles normes ; c’est lui qui doit être également en charge de leur bonne application. Et donc on en revient a sa composition plus démocratique.


Vers une mondialisation politique

La crise financière actuelle montre que depuis le début, ce sont les tenants de l’affirmation du rôle de la politique publique, du besoin de régulation, de droits et de devoirs, du principe de justice sans lesquels la confiance est rompue, qui avaient raison. Alors il est temps pour nous de relever la tête, avec un impératif catégorique : démocratiser la mondialisation.

Trop longtemps, la mondialisation s’est réduite à sa dimension économique, reléguant les valeurs culturelle, intellectuelle, environnementale et sociales. C'est-à-dire l’affirmation de l’action politique pour en définir le contenu.

Il est donc temps de réaliser, à côté, et je dirais même au-dessus de la mondialisation économique, la mondialisation politique.

La mondialisation, c’est en effet l’intégration des pays entre eux, par l’abaissement du prix des transports, du coût des communications, des barrières douanières. Mais cette intégration signifie que nous sommes devenus interdépendants. Pour le dire très simplement : les décisions prises à Wall Street ont des conséquences sur la vie d’un paysan burkinabè.

Donc la mondialisation a besoin de politique, c'est-à-dire de démocratie participative : la retirer des griffes des seuls experts. C’est à cette condition que le principe gagnant/gagnant pourra l’emporter, alors qu’aujourd’hui c’est gagnant pour quelques uns et perdant pour les autres.

J’ajoute que ceux qui me taxeraient d’irréalisme auraient la mémoire courte. Il y a bientôt deux siècles, un processus similaire se réalisait : la formation des Etats-nations. Comme aujourd’hui, les coûts de transport et de communication baissaient, et comme si cela en avait été la conséquence nécessaire, en Allemagne ou en Italie par exemple, les Etats-nations se créaient.

Ils ont permis de réguler le fonctionnement de l’économie pour la mettre au service des citoyens. Souvenons-nous des débuts du capitalisme industriel : l’exploitation du prolétariat et les dégâts sur l’environnement.

Aujourd’hui comme hier, les gouvernements peuvent faire fonctionner les marchés plus efficacement et en harmonie avec l’intérêt général. Ils doivent pour cela intervenir dans l’économie, pour protéger les travailleurs, pour protéger l’environnement, pour repartir les richesses entre le capital et le travail, assurer la confiance de tous les acteurs, pour garantir les dépenses importantes comme la santé, la recherche, l’innovation et l’éducation.

Il faut remplacer la domination des marches sur les peuples par la primauté des gouvernements démocratiquement élus.


Pour conclure, nous avons l’obligation de faire le bilan de la mondialisation telle qu’elle a été menée ces dernières années. A la fois dans chacun des pays mais aussi dans les instances internationales.

L’Union européenne doit être à l’offensive pour proposer de nouvelles règles. Il y a là trop d’inertie et de lenteur. L’Internationale socialiste et le PSE peuvent trouver là, comme nous l’évoquions tout a l’heure avec George Papandreou lors d’une réunion de travail, un rôle d’aiguillon. Nous devons bousculer la lenteur de l’Europe.

Car jamais le monde n’a eu autant besoin d’Europe et de ses valeurs de paix
. Car le principal danger aujourd’hui dans cette guerre économique qui se profile, c’est la montée des violences, du chacun pour soi, du désespoir, du rejet de la politique, du gouffre entre les puissants et les politiques d’un cote, et du peuple de l’autre.

Et nous savons à quoi cela mène. A la montée des régimes totalitaires, à la montée de l’intégrisme, à la montée du terrorisme ailleurs.

Oui, nous faisons face à un grand danger. Ce danger, c’est celui de la peur. On fait peur aux gens, on leur dit : il n’y pas de solution, il faut sauver le système financier tel qu’il est, sinon tout va s’écrouler.

Les réactionnaires ont toujours utilisé la peur des peuples. Les gens se replient sur eux-mêmes, les nationalismes se renforcent, la peur de l’autre s’exacerbe et c’est comme cela, ensuite, que naissent toutes les mauvaises réactions. Ce n’est pas comme cela qu’un système économique rétablit la confiance.

Et c’est pourquoi je pense qu’il faut avoir le courage de continuer à dire que la mondialisation peut aussi porter un progrès de civilisation. Car si on tient un discours différent, si nous disons « La mondialisation, de toute façon c’est le démon », eh bien nous aurons une montée des nationalismes.

On ne peut pas, lorsque l’on est à gauche ou lorsque l’on est socialiste, renoncer à l’internationalisme, renoncer à équilibrer les pays riches et les pays pauvres, renoncer à la liberté de circulation.

Personne ne pourra dire que l’on ne savait pas.

Bougeons-nous pour que nos enfants et les générations qui viennent ne puissent pas dire : « mais comment, ils n’ont rien vu venir ? »

Nous voyons les choses venir, nous savons comment faire, nous avons des principes, nous savons où sont nos valeurs, nous voulons l’émergence de ce monde meilleur, nous savons que l’économie doit être mise au service de l’humain et non pas le contraire.

Cet humain, c’est à la fois l’épanouissement des hommes et des femmes d’aujourd’hui, mais aussi celui des générations qui se lèvent et qui sont trop souvent frappées par le chômage dans des sociétés qui leurs sont fermées.

Ces nouvelles générations ont besoin de comprendre qu’elles ont le droit de choisir leur vie, d’assumer leur liberté, de fonder une famille à leur tour et de transmettre.

Parce que c’est ça, la politique. C’est posséder la capacité de transmettre les valeurs auxquelles ont croit et celle de faire comprendre aux plus jeunes que l’effort scolaire a un sens et qu’au bout de l’effort scolaire, il y aura un métier. Et s’il y a un métier, il y aura un travail. Et s’il y a un travail, ce travail sera bien rémunéré.

Puisque nous avons la chance d’avoir cette capacité de comprendre et cette capacité d’agir, nous avons impérativement le devoir de l’utiliser.

Je vous remercie de votre attention."

Ségolène Royal

http://www.desirsdavenir.org/node/8299

05 octobre 2008

Echanges sur le blog de P. ALLEMAND

Dans le fil "Cessez le feu et cherchez à comprendre..."  commencé le 29 septembre et consacré au Zénith de Ségolène, j' ai écrit le 1er octobre :" Merci pour ce très beau discours de gauche que Ségolène a prononcé au Zénith, il est en ligne sur mon blog ...
Et aussi merci à Jean Luc Mélenchon d'élever le débat entre socialistes.
http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=625#more-625
Socialistes arrêtons nos querelles et faisons comme Ségolène attaquons la droite, la politique de Sarkozy !
On trouve des millions pour DEXIA ex Crédit Local de France devenu société privée avant établissement public !
Libéralisme échevelé qui a conduit parfois les gouvernement de gauche à privatiser.
Et les retraites, que nous a t on pas bassiné avec les fonds de pension, il fallait y adhérer, en créer, en finir avec le régime de répartition!
Pauvre peuple américain ...
Pendant que nous nous chamaillons, le gouvernement continue sa casse, va piocher dans les livrets A pour sauver des établissements bancaires ou des assurances !
Le gouvernement Sarkozy/Fillon/ Kouchner/ Borloo, Besson va saboter les fameux plans banlieue et universités ...
Adieu 35 heures, adieu pouvoir d'achat ...
A propos des 35 heures ai-je entendu, protester cet été, la mère de cette loi sur le massacre de cette avancée sociale ?
Alors vite ....que le congrès arrive vite !"

le 3 octobre, une internaute m' interpellait :" DEXIA était une banque privée comme 99% des établissements financiers en Europe. C'est aujourd'hui, sous la pression, la première banque publique européenne.
Dites-moi, cher niçoiscivique....Seriez-vous favorable au collectivisme? ..."

le jour même je répliquais : ""DEXIA était une banque privée..."
Je ne lirai pas plus loin votre commentaire .
Un peu de recherches sur Internet et vous verrez que DEXIA ex Crédit Local de France n'a pas toujours été une banque privée.
Dans 20 ans vous me parlerez peut être en ces termes "la Poste était une société privée" ou la SNCF lorsque ces sociétés privatisées en 2009 ou 2010 connaîtront des problèmes, ... un peu de souvenirs peut faire du bien...
Socialiste je suis, de gauche je suis et je sais ce qui était dans le giron du Secteur Public et ce que certains établissements ou sociétés sont devenus ...
Et Jospin n'a pas reculé sur les privatisations ... tout cela pour renflouer les caisses de l' Etat ! et pour être dans le coup ...le libéralisme était et est encore à la mode...
Ah les fonds de pension, ils séduisaient aussi certains socialistes !
Et j'en passe et des meilleures.
J'attends avec impatience la rencontre DSK Sarkozy.
Bon we"

le lendemain mon internaute me balançait : " Le CLF a été introduit en bourse en 1991 (l'Etat n'y étant associé qu'à hauteur de 25%)...Alors que, jusqu'en 1991, le CLF était, effectivement, un établissement public....mais DEXIA n'est pas QUE le CLF d'avant 1991!
DEXIA a été créée en 1996. Ce groupe financier est composé (était composé jusqu 'à peu) de x établissements financiers privés de nationalité différentes côtés en bourse (dont le CLF)
Donc DEXIA n'a jamais été une banque publique...."

Samedi 5 octobre je postais le dernier message sur ce sujet : " Pour ne pas encombrer ce blog de considérations historiques et qu' il ne soit réduit à un échange de messages entre 2 personnes...un dernier "postage"
Je souhaiterai que l' on n' oublie pas, l' origine des choses, des sociétés...
Oui DEXIA est une banque privée, composée de différents éléments y compris le CLF ...
OUI la SNCF est un EPIC mais à sa création en 1938 elle a été constituée par 6 sociétés privées de chemins de fer comme PLM.
Oui Danone c'est "Danone" ex BSN entreprise de fabrication de verre plat et dans Danone il y a dedans du DANONE et aussi LU, Evian, Kronenbourg...
ARCELOR MITTAL il y a dedans de l' USINOR ...une sacrée entreprise sidérurgique qui a reçu pas mal de fonds publics.
De WENDEL, actuelle société d' investissement, était dans la sidérurgie et combien de milliards de francs a reçu de l' ETAT cette "société" ? il faudrait le demander à Ernest Antoine Seillière !
Dans 20 ou 30 ans une société s' appellera peut-être Eurogaz, et un internaute refusera d' admettre qu' au départ il y avait eu un rapprochement entre GDF (ex EPIC) et Suez entre autre ex Compagnie financière de Suez nationalisée en 1982...
Chaque entreprise a son histoire, et les travailleurs des sociétés qui disparaissent ou qui changent de statut, gardent en mémoire leur vie dans ces sociétés.
Le devoir de mémoire est important aussi dans l' économie et le social.
Certains ont dénationalisé car l' Etat serait un mauvais actionnaire, un mauvais gestionnaire.
Sûr, lorsque les gouvernements ne jouent pas le jeu, il est facile de critiquer -l'ETAT-.
Triste que nombre de patrons ne soient plus des entrepreneurs mais des -financiers- qui ne cherchent que le profit à tout prix.
Il faut en finir avec la capitalisme financier.
Mais admettons tout de même que certains dirigeants privés ne gèrent pas mieux leur(s) entreprise(s)que l' ETAT et qu'ensuite ce dernier mette la main à la poche pour aider ces entreprises.
L' ETAT c'est à dire NOUS contribuables.
La crise actuelle, qui est loin d' être finie, démontre que le libéralisme échevelé, le capitalisme sans foi ni loi a besoin de l' argent public...
Triste que l' on renfloue des entreprises avant de les privatiser, que des actionnaires s' engraissent sur le dos de salariés, puis avec leur mauvaise gestion ce soient aux contribuables de mettre la main à la poche.
Un minimum de règles est nécessaire...
Sûr que tous les candidats au poste de 1er secrétaire du PS doivent penser comme moi !
Il faut imposer de nouvelles régulations pour empêcher les dérives spéculatives..
Vive l' ordre juste...
Bon dimanche à tous et toutes !"

Je ne dis pas avoir raison, mais j' apporte beaucoup d' importance à l' histoire, le devoir de mémoire est important pour moi, notamment en matière économique et social.

Je remercie Patrick Allemand qui laisse les personnes intervenir sur son blog, sans les censurer même si on s' éloigne du fil de son article.

Pour finir ce message j' ai regardé l' émission de Ruquier hier soir, différentes choses ont été dites, notamment sur le PS, sur Ségolène et autres cadres du PS.    Ce fut très intéressant, notamment les propos de JF Kahn, de B.Groult, Eric Zemmour était égal à lui-même, insupportable, on peut se demander pourquoi il est si anti-féministe, chapeau à Gérard Miller, ai aimé la fraîcheur d' Anny Duperey et la solidité du jeune humoriste Fabrice Eboué

04 octobre 2008

Rock'N'Roll au théâtre de NICE ...

Une sacrée pièce de Tom Stoppard, mise en scène par Daniel Benoin.

Un morceau de l' histoire : de 1968 à 1990.

Un pays  la Tchécoslovaquie , un système politique omniprésent le communisme ou plutôt le  "soviétisme"...

L' espoir dans le communisme, doctrine déviée dès 1916 nous dira un des personnages...

Les soviétiques et leurs amis viennent en amis arrêter le Printemps de Prague de Dubcek...

Des souvenirs, j'étais adolescent en 1968, les années passent et un goût amer de ratage.

Je n' ai jamais été un "communiste" , mais je sais que des millions de personnes y ont cru.

Cette pièce est belle, touchante, vibrante, et forcément rébarbative pour ceux qui n' ont pas vécu cette époque ou qui n' ont pas une vision de la politique, qui n' aiment pas le Rock'N'Roll ! ! !

Des personnages il y en a Max professeur marxiste à Cambridge, Jan tchécoslovaque élève de Max, Eléanor l' épouse de Max qui a un cancer, leur fille Esmé... et le Rock'N'Roll ...

Vaclav Havel est aussi présent dans les esprits, à propos de la pièce il avait déclaré " étrange qu' il ait fallu attendre un auteur anglais pour qu' il donne un témoignage des dernières décennies de ce pays et des événements qui s' y sont déroulés "...

Police secrète, affrontement entre "communistes"  et la vie de tous les jours...

Le Rock'N'Roll est très présent avec les disques de Jan, avec les films projetés, et l' excellent groupe sur scène les Gypsy Queens...

Une soirée douce amère pour moi, j' ai apprécié la pièce, mais surtout j' ai eu le sentiment qu' une autre partie de notre vie a été oubliée ...

Le Vietnam, les luttes des travailleurs dans le "monde libre", à peine évoqué la politique de Margaret Thatcher ...

Sûr c' est une pièce sur la Tchécoslovaquie, mais on y parle tellement de la difficulté d' être -communiste- dans un pays "communiste", on y voit un professeur marxiste anglais qui se perd dans tous ces tristes évènements, que l' on attend plus d' une pièce de théâtre qui ne peut pourtant parler de la Tchécoslovaquie  et des dérives soviétiques...

Une très bonne note, une fois de plus pour Daniel Benoin qui a réussi une très belle mise en scène.

Chapeau aussi aux comédiens.

01 octobre 2008

PS: elle les rend tous fous vu sur Marianne 2

Marianne2.fr

Par Nicolas Domenach avec l'Edition spéciale de Canal Plus et Marianne. Ségolène Royal s'est attiré une volée de railleries après son show au Zénith. Et si la grande prêtresse du théâtre engagé devait être prise au sérieux ?

Ségolène Royal à La Rochelle (c Pierre Morel pour Marianne)

Ségolène Royal à La Rochelle (c Pierre Morel pour Marianne)

Du mépris à la volée. Une bastonnade de moqueries assassines. Les « chers camarades » n'auraient-ils rien compris ? Ils ont roué Ségolène Royal de railleries. Comme s'ils n'avaient rien appris. Toujours rien compris. Son Zénith les a aveuglés de rage. Martine Aubry et Laurent Fabius nous ont expliqué qu'ils n'avaient rien à faire avec cette « politique spectacle ». Quand on songe qu'ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, enfin ministres, premier ministre etc… Tout aussi impayable, Bertrand Delanoë, le moderniste patenté, a tenu à spécifier que « lui ne faisait pas de mise en scène ». Ben voyons… Pourtant, depuis qu'il a cessé de faire chorale avec les petits chanteurs à la croix de bois, il n'a pas fait dans les fêtes de patronage ou le théâtre aux armées, le maire de Paris. Et le voir vanter tout à coup le primat de l'action collective, alors qu'il fut un mitterrandiste absolu, avant d'être, et de rester un jospiniste total, voilà qui ne manque pas de sel. Quant à Henri Emmanuelli, qui est un spectacle à lui tout seul, l'entendre dénoncer un rassemblement « sectaire » parce qu'on y a entendu des slogans tels que « fraternité, fraternité », voilà qui montre jusqu'où peuvent s'égarer….les meilleurs esprits !
N'oublions pas cependant François Hollande, qui s'est laissé aller à de ces commentaires qui montrent à quel point « le non sens » l'emporte dans le parti, puisque le Premier secrétaire de ce désordre relève : « le principal est que tous les socialistes tiennent le même discours ». Ils auraient donc un discours. En l'occurrence plutôt un ennemi commun, Ségolène Royal, qui a commis une première horreur : elle a fait « du show bizz ». La honte…
Elle a changé de coiffure, de tenue de scène, de gestuelle. C'est vrai. Elle s'est déverrouillée. Tous les verrous n'ont pas sauté. Il s'en faut. Elle est cependant moins raide. Plus en boucles et volutes. En glamour. Finie la diablesse bourgeoise convenable en Prada. Tunique bleue sur jeans, la coquine bouge enfin. Elle ne se cramponne plus au pupitre comme à une bouée de sauvetage, et ne se limite plus à une gestuelle austère de maîtresse d'école raide comme un piquet où elle voulait tous nous envoyer. Ses bras se sont arrondis, ses phrases aussi. Plus d'aigu, ni de pointes comme des craies crissantes dans nos têtes. Elle se faisait charmeuse. Certes sans respecter les canons socialistes, mais plus canon que jamais.
L'ex-candidate malheureuse à l'élection présidentielle irradiait. Elle faisait même rire, incroyable ! En citant non pas Jaurès, ni Blum, d'accord, mais Edmond Rostand ou Woody Allen , qui avait eu cette réponse lorsqu'on lui demandait s'il avait peur de mourir : « Ce n'est pas que j'ai peur de mourir, mais je ne voudrais pas être là quand ça arrivera. » Les spectateurs étaient écroulés. Des populaires plutôt, pas des élites. Royal a toujours un problème, un gros, avec les « couches sups ». Mais la Madonne, comme Madonna, a ses fidèles qui ne la lâchent pas, qui scandent en chœur : « fra-ter-ni-té » et l'ovationnent quand elle jubile : « Oui, l'heure d'un nouvel élan a sonné… je suis là aujourd'hui, je serais là demain… » C'est cette affirmation fière qui a paru sans doute insupportable à ses rivaux socialistes. Quelle que soit l'issue de la compétition pour la direction du PS, il faudra compter avec elle pour la prochaine présidentielle. Intolérable pour les autres…
Charmeuse et charmante
Certes, le message politique était un peu court. Mais qui peut prétendre aujourd'hui, au PS en particulier, avoir beaucoup à faire entendre sur la crise du néocapitalisme, les remèdes à apporter, l'éthique du marché à réinventer. Sans doute aussi Ségolène Royal fait-elle songer à Olivier Besancenot quand elle se prononce pour « l'interdiction de délocaliser et de licencier et l'obligation de rembourser les aides publiques quand l'entreprise réalise des bénéfices ». Mais que celui qui ne louche pas sur l'extrême gauche lui lance la première vraie pierre, et non ces lazzis qui dénotent surtout un malaise prétendument dépassé. Le trouble de partisans qui souhaitent partisaner en rond, et rejettent toujours un corps étranger, une femme, qui n'était venue au Zénith que pour dire « je suis debout ». Elle l'a même bien dit. En chaloupant. Charmeuse et charmante. Certes, parce qu'elle a répété avec Arianne Mnouchkine.
Mais son travail avec la grande prêtresse du théâtre engagé n'était pas purement technique. C'était un travail sur soi. Arriver à se dénouer. A digérer ses traumatismes. A encaisser ses échecs. A être soi même justement. Ce qui fut si délicieux pour ses partisans et sans doute ce qui a ulcéré ses adversaires : cette prétention glamour à continuer le combat. Comme avant ? Plus qu'avant. A l'exemple de Barak Obama. La fin du politique, de la rhétorique classique? Ou l'entrée madonnesque dans une nouvelle ère de la « com » ? Voilà un vrai débat qui vaut mieux que toutes les excommunications…

Lundi 29 Septembre 2008 - 18:00

Nicolas Domenach

Plus qu' un show un vrai discours de gauche au ZENITH ...

Discours de Ségolène Royal, lors du rassemblement de la Fraternité au Zénith de Paris, le 27 septembre 2008.

" Bonsoir le Vaucluse ! Bonsoir Angers ! Bonsoir toutes les régions ! Bonsoir l' Ardèche ! Bonsoir La Rochelle !
Je vois les Ch'tis là-bas ! Le 92 !
Bonsoir, et merci à vous, merci d 'être là… La Touraine, la Bretagne, la Provence là-bas !
Et la fraternité, partout !

Fraternité ! Fraternité ! Et merci à tous les artistes qui sont venus là, depuis le début. Merci à Neg’Marrons, merci à Josiane de chez Renault, merci à Yannick de nous avoir envoyé ce message, merci à Bernie et à Trust. Il y a d’ailleurs dans la chanson de Trust, il y a longtemps que je ne lavais pas écoutée, une phrase qui prend pour moi un sens très fort aujourd'hui, à un moment ça dit cette chanson : « Cesse de faire le point, serre plutôt le poing. Relève la tête, je suis là, tu n' es pas seul. »

Et ce soir j' ai envie de vous confier trois certitudes.

-Pourquoi je suis là et pourquoi vous êtes là.

-Ensuite, la France que nous voulons et ce que nous refusons.

-Et enfin, pourquoi nous faisons une fête de la fraternité en ces temps difficiles.

D'abord, ce soir, la fraternité, elle est réussie, parce qu' être fraternel c' est d' abord être ensemble, et être ensemble très nombreux.

Alors, je sais. La crise est là. On nous a même intimé l' ordre de ne pas nous réunir. Avec des airs d' inquisiteurs un peu aigris, on m' a dit : « Mais toi, tu fais la fête alors que la crise financière est là ? »
Comme si certains puissants et ceux qui les soutiennent, et qui ont plongé, par leur cupidité, le monde dans cette crise pouvaient interdire au peuple de se rassembler et de partager des élans d' espérance. Et de chanter. Eh bien non, nous sommes là !

Nous sommes là, et d' abord, dans toutes les histoires, le chant a porté les révoltes : la Marseillaise, l' Internationale, les Soldats de l' an II, le Chant des partisans des résistants martyrisés, le Temps des cerises de la Commune, le Chiffon rouge des luttes ouvrières…

Et bien, ce soir aussi, la musique porte notre exigence commune d'un monde plus juste et d'un monde plus libre.

Salut à vous, ces milliers de visages de la France qui sait que les temps sont durs, mais que nous restons debout car nous avons soif d' humanité. Se rassembler pour être heureux ensemble, vibrer aux mêmes émotions, s'engager dans les mêmes combats c'est tout simplement ce dont le monde a besoin. Non au cynisme non à la résignation. Oui à la confiance, oui à la volonté de nous élever tous ensemble.

Et puis, ne l' oublions pas, les forces conservatrices ont toujours utilisé la peur pour que les gens se replient, pour qu' ils se recroquevillent, pour qu' ils désespèrent… et pour qu' au final l' aigreur, la jalousie l' emportent et que le voisin ou le différent soient vus comme l' ennemi.

Alors, pourquoi suis-je là ?

Je suis là, parce que vous êtes là ! Hommes et femmes de tous âges et de toutes conditions. Je suis là parce que nous avons en commun de vouloir un autre monde.

Pourquoi j' avance encore ? Pourquoi je ne veux pas laisser ceux qui hier étaient là, qui sont là aujourd'hui, ceux qui seront là, demain et qui espèrent encore ?

Pourquoi après trois ans de combats et d' épreuves je suis encore debout devant vous ? Et en plus (ce qui aggrave mon cas) heureuse d' être avec vous ?

On me dit « il faut relativiser les épreuves Ségolène, c' est de la politique ! C 'est normal, tous ces coups qui pleuvent» !

Relativisons donc, puisqu' on nous le demande. Depuis trois ans, il y a eu la « riante » primaire, la  « courtoise » présidentielle, les « gentils » coups bas, les « tendres » attaques, les «doux » cambriolages, les « amicales » pressions et les charmantes épreuves personnelles... Et depuis un an et demi, je relativise encore plus. Certains qui s'éloignent, d'autres qui trahissent avec grâce, d' autres qui méprisent coquettement ! Et les porte-flingues de l' Elysée qui m' ont conseillé publiquement de consulter médicalement pensant que je perdais la tête. Et de s' étonner : mais elle  est encore debout ! Et en plus elle continue !

C' est parce que malgré tout cela, partout où je vais, je sens viscéralement - et cela dépasse de loin ma personne, nos personnes -, je sens viscéralement que des millions d' hommes et de femmes soutiennent, encouragent et se demandent désespérément si la politique sert à quelque chose pour améliorer leur sort et celui de chacun. Et  même ici, dans ce Zénith, je sais que certains se le demandent. Et c' est pour cela que je suis là.

Je suis là, aussi, parce que le combat social est là. Et je salue à nouveau les salariés de Renault  qui sont victimes de 6 000 suppressions d' emplois alors que le patron et les actionnaires se sont augmentés, les postiers qui sont dans la salle et qui luttent contre la privatisation du service public et tous ceux qui subissent la loi d' un monde sans règles.

Alors, ces règles, je vous propose que nous les inventions ensemble et que nous les imposions ensemble.
Car enfin, nous sommes la cinquième puissance du monde et nous comptons des millions de travailleurs pauvres. Mais ce n' est pas juste ! On nous dit que c'est au nom de la compétition mondiale, mais ce n' est pas juste. J' ai dit que les artistes pouvaient, en une chanson, en une phrase - et vous en avez eu la preuve et, tout au long de cette soirée, vous le découvrirez à nouveau – en une chanson et en une phrase, on peut parfois dire plus beaucoup plus qu’un discours.

Et puisque je parle de travailleurs pauvres, j' ai envie que Coluche soit parmi nous. Parce que, nous le savons, 40 % de ceux qui vont chercher leur repas dans les Restaurants du cœur sont des salariés. Oui vous l' avez entendu, ce sont des salariés précaires, dans la cinquième puissance du monde ! Et Coluche disait ceci : « Ils vont être content les pauvres d 'apprendre qu' ils vivent dans un pays riche »…

Alors, est-ce qu' il est possible de répartir autrement les richesses ? Nous en avons la certitude, bien sûr !

Et moi, je veux une France où les petits retraités se demanderont plus s'il faut faire un repas à midi ou le soir, s' il faut économiser sur l' électricité ou sur le gaz pour pouvoir passer l' hiver.

Je veux une France où je n' entendrai plus les enfants des cités me demander, «  Mais, M' dame, pourquoi ils ne nous aiment pas ? »

Je veux une France où l' on n 'entendra plus les anciens dans les villages  me demander pourquoi il n'y a plus de docteur.

Sommes-nous condamnés à entendre des professeurs dire : « On n'y arrive plus » ?

Sommes-nous condamnés à entendre des jeunes dire : « Je n' ai pas peur de l' avenir. J' ai peur de ne plus en avoir » ?

Moi je veux, pour la France, une école qui donne à tous les enfants la chance de réussir et donc la liberté de choisir sa vie.

Je veux que la France soit capable d 'accueillir tous ses jeunes. Qu' elle leur transmette les œuvres et les savoirs d' hier et d' aujourd'hui, et ceux de demain.

Qu' elle aide chacun à réussir sa vie et à choisir sa voie et que ce privilège ne soit pas réservé à quelques-uns. Parce que la politique c' est d' abord le devoir de transmission.

Je veux que en France le travail soit respecté dans des entreprises qui auront les moyens d' innover et de bien payer leurs salariés.

Et enfin – on pourrait penser que c' est le bon sens-même, mais non, puisque le monde marche sur la tête – moi, je veux un monde, nous voulons un monde où le système financier n' est pas au service de lui-même, il est au service de l' économie. Et l' économie, elle n' est pas au service du profit pour quelques-uns, mais elle est pour le bien être des hommes et des femmes qui la font tourner.

Voilà, le bon ordre des choses. Tout le reste, c' est le désordre organisé par quelques uns pour leur seul intérêt. Et d' ailleurs, dites-moi donc, le mot actionnaire n'apparait pas, il me semble, dans la Déclaration des droits de l 'Homme et du citoyen ?

Permettez-moi de saluer ce soir la victoire des ouvrières d' Arena. Vous avez entendu, Arena ? Ce sont les ouvrières qui fabriquaient les maillots de bains de compétition. Certains d’ailleurs les trouvent mignons, ces maillots de bain… Ce que je trouve moins mignon, et même carrément abject, c' est que leur employeur, qui faisait des bénéfices conséquents, avait délocalisé en Chine, laissant sur le carreau des femmes qui travaillaient dans l' entreprise depuis 20 ou 30 ans. Jetées comme un vieux maillot de bain en quelque sorte.

L' entreprise a été condamnée, parce que ces femmes n' ont pas baissé les bras. L' entreprise a été condamnée à leur verser 50 000 euros chacune.

L' une de ces ouvrières a dit : « Le tribunal a choisi la vie des gens face aux intérêts des actionnaires ». Et sa copine a ajouté : « Cela a été une joie, pas seulement pour l' argent, je ne vais pas cracher là-dessus, mais parce que les patrons vont y réfléchir à deux fois avant de larguer une usine qui gagne. »

Non ! Non, Tous les coups ne sont pas permis.

Que les entreprises soient attentives à leur marge, quoi de plus normal ?
Qu'il faille, dans certains secteurs, produire aussi au plus près des nouveaux marchés qui s' ouvrent, pourquoi pas ?
Mais qu'on ne nous raconte pas, comme le patron d' Arena, comme celui de Gandrange et comme tant d' autres, que c' est la seule solution.

A quand l'interdiction de délocaliser et de licencier avec obligation de rembourser les aides publiques si l' entreprise fait des bénéfices ?

Vous voyez ? C 'est avec une capacité de révolte intacte que l'on refusera de se courber, de réduire la politique à la gestion, de s' abandonner à tous les accommodements  : « C' est comme ça, on y peut rien ». Et bien non, ça n'est pas « comme ça » on peut changer les choses !

Et nous changerons, parce que nous sommes le changement ! Nous, la gauche ! Parce que ça a encore du sens de dire « la gauche ».  Beaucoup voudraient que la frontière n’existe plus, qu’elle soit floue. Oui la gauche doit se ressaisir, car être à gauche c’est avoir une lucidité radicale sur nos atouts, sur l’énergie et la force des hommes et des femmes, ici en France et dans le monde, qui ne demandent qu’à faire avancer notre pays pour peu qu’on nous entraîne. Et que personne ne soit laissé sur le bord du chemin !

Porter encore et toujours les valeurs humaines, les valeurs sociales, la gauche qui ouvre, la gauche qui rassemble, la gauche qui construit, quand pendant ce temps nos adversaires verrouillent, divisent et détruisent avec l’arrogance de ceux qui pensent qu’on ne peut plus les atteindre  !!! Cela, je ne le veux pas ! Il faut choisir : Courber l’échine ou relever la tête ? Qu’avez-vous choisi ? Relever la tête.

La gauche doit être là malgré ses imperfections, ses atermoiements, ses  frictions. La gauche doit être là pour faire émerger cette nouvelle France qui attend qu’on la réveille.

Nelson Mandela a dit une chose très belle à laquelle je pense souvent. « Au fur et à mesure que nous laissons briller notre  lumière, nous donnons aux autres la permission d’en faire autant. » Cela veut dire que nous devons essayer d’être meilleurs, plus généreux, plus joyeux que la société que nous voulons transformer. Voilà ce que nous devons faire, vous, moi, chacun de nous, là où nous sommes, tels que nous sommes, socialistes, citoyens, à gauche, au-delà...

Qu’est ce que le rôle d’un homme ou d’une femme engagée si ce n’est de changer le cours des choses ? Je voudrais prendre deux exemples. L’avenir de la planète et la crise financière. Changer le cours des choses c’est tellement indispensable pour l’avenir de la planète.

Quoi de plus insupportable que ces discours sans lendemain, ces tigres de papier qui s’écroulent devant le premier lobby venu, pour remettre en cause le principe élémentaire du « pollueur, payeur ».

Cette indifférence – coupable - me fait penser a une phrase de Woody Allen, lorsqu’on lui demandait s’il avait peur de mourir, il répondait : «  Ce n’est pas que j’ai peur de mourir. Mais je ne voudrais pas être là quand ca arrivera. ». C’est ce qui se passe et je pourrais vous en dire beaucoup plus, sur la planète et sur les chances et les trésors que recèle le développement durable. Et j’aurai l’occasion de le faire.

Un mot sur ce système financier en folie qui s’autodétruit sous nos yeux. Il entraine dans sa chute des millions de petits épargnants. Il jette à la rue non seulement des millions de petits propriétaires les plus grands établissements bancaires. Il entraîne aussi des grands établissements bancaires. Il propage sa crise à la planète entière.

Alors, paniqués, les ennemis de l’Etat l’appellent à leur secours. Les ultra-libéraux retournent leur veste.
Et le gouvernement Bush a injecté en quelques heures 700 milliards de dollars - soit trente fois l’aide publique au développement - qui étaient introuvables, il y a quelques semaines, pour mettre fin aux émeutes de la faim.
Soulagement de ceux qui ont entraîné le système dans le mur : leur fortune est faite et ils ne paieront pas les pots cassés.

Et dans ce champ de ruines émerge cependant une bonne nouvelle. On commence à comprendre qu’il faut radicalement changer de système.

Mais alors, pourquoi alors que les temps sont durs, pourquoi une fête de la fraternité ? « Le grand rayon de l’art, c’est la fraternité », disait Victor Hugo. Et ce soir, je vous invite à un voyage, un voyage artistique venu de tous les coins du monde et de toutes les générations et de tous les genres de musique, et du cinéma et du théâtre. Un voyage autour de la fraternité.

La fraternité, pour moi, c’est encore mieux que la solidarité. Parce que c’est la fraternité qui la fonde et lui donne ce « sentiment d’humanité » sans lequel la politique serait un simple métier sans âme, une simple transaction entre intérêts bien compris.

La fraternité, ce n’est pas de la compassion ou de la pitié. La fraternité, ce n’est pas la politique des bons sentiments. La fraternité, ce n’est pas s’embrasser les uns les autres avec un sourire hébété bien sûr, même si ça n’est déjà pas si mal. La fraternité c’est d’abord penser à l’autre toujours. Parce que ce qui arrive de mauvais à l’autre ou qu’il soit, fini par générer quelque chose de mauvais pour soi même. Et aussi parce que ce qui arrive de bon à l’autre fini par créer du bonheur chez soi.

La fraternité on n’en a jamais eu autant besoin qu’aujourd’hui car ce qui vacille sous nos yeux, c’est tout un système inégalitaire et qu’un autre doit se préparer. La fraternité c’est la volonté d’humanité. N’en doutons pas, n’hésitons pas : l’avenir, le désir d’avenir, il est avec nous.

Mes amis, il est temps de partager la suite de notre concert mais je voudrais vous dire, avant de conclure, quelques mots plus personnels.

J’ai appris qu’il faut savoir  perdre sans amertume pour pouvoir un jour gagner sans triomphalisme. Sans ce chemin étroit, chaotique d’après la défaite, sans ces regrets qui vous submergent parfois, sans ce retour lucide sur soi même, ceux qui s’en vont, ceux qui s’éloignent, ces questions incessantes que l’on se pose, «  qu’est ce que j’aurais du faire ?

Qu’est ce que j’ai raté ?

J’ai appris la dure loi de la politique, mais aussi la joie immense des rassemblements populaires comme ce soir.

J’ai découvert grâce à vous que j’avais de l’endurance. C’est un jeu souvent cruel et même si j’ai toujours du mal à comprendre la férocité de certains coups, si je les ai encaissés, c’est parce que j’ai souvent pensé à Cyrano de Bergerac qui disait avec panache : « On n’abdique pas l’honneur d’être une cible.»

Car lutter au nom des autres, c’est aussi une formidable chance, des vibrations extraordinaires, et voyez comment les luttes sociales donnent un courant intense, voyez la dignité, la colère qui gronde, mais aussi la joie qui enfle, l’espérance qui entraîne et la certitude de participer à l’histoire et oserais-je le dire à quelque chose qui se lève et… (la salle : ne s’arrêtera pas).

Et connaissez-vous ce joli mot d’Aimé Césaire : « L’heure de nous même a sonné ».
Oui, l’heure d’un nouvel élan a sonné, je vous le dis, sans regret du passé et sans peur de l’avenir.
Jamais je n’ai mis un genou à terre. Jamais je n’ai songé à abandonner.  Jamais je n’ai renié une seule de mes valeurs. Jamais, je n’ai lâché prise sur ce que je crois juste, avec vous et pour nous tous.

Je suis là aujourd’hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer sur ce chemin que j’ai choisi et sur lequel nous marchons ensemble : donner à chaque citoyen, chaque jeune, chaque ancien, oui chaque ancien aussi, le droit de bâtir son désir d’avenir. Alors laissons la la fatigue, laissons le découragement, laissons le renoncement. Restons ensemble, lucides et déterminés.

Oui, tous ensemble. Fraternité."

28 septembre 2008

Sarkozy et les coupables, par Paul Jorion

Trouvé cet article très intéressant.


Contre Info . info

les nouvelles absentes des prompteurs 

24 septembre 2008

Sarkozy et les coupables, par Paul Jorion

Paul Jorion, 24 septembre 2008

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand j’ai lu les propos du Président français à l’ONU, où il appelle à une réunion internationale pour résoudre la crise financière et parallèlement, à ce que l’on punisse les responsables, j’ai eu une vision irrévérencieuse : qu’au moment où tous les participants à cette réunion seraient dans la salle, Eliot Ness dirait à ses troupes « Allez les gars, on embarque tout ce beau monde ! »

Ce n’est certainement pas cela que Mr. Sarkozy envisage : il pense à des responsables de rang plus subalterne et plus particulièrement, je reprends ses propos, à « ceux qui mettent en danger l’argent des épargnants ». Ceci ne peut viser que les dirigeants de banques commerciales qui ont toléré que leur salle de marché se livre à des opérations spéculatives sur fonds propres. C’est-à-dire, à ma connaissance, à peu près tous. Mettre au pilori les spéculateurs et retrouver sur le banc des accusés les responsables de fonds de pension et les administrateurs d’ONG, ne résoudra rien non plus.

Et c’est là que le bât blesse, parce que si l’on châtie effectivement les responsables de la crise il ne restera pas grand-monde pour reconstruire ensuite.

Il y a eu des fraudes et ceux qui les ont commises doivent être punis mais ceci, absolument rien n’empêche de le faire maintenant, et ce devrait faire partie de la procédure courante. Mais changer les règles en cours de route et dire : « Tous ceux qui hier ont fait ceci - qui était légal à l’époque - seront punis aujourd’hui », est non seulement arbitraire mais aussi extrêmement dangereux.

Appeler à un nouveau Bretton Woods est une excellente initiative. Affirmer « Apprenons à gérer collectivement les crises les plus aiguës que nul ne peut résoudre tout seul » est également très louable et blâme à juste titre les autorités américaines pour leur orgueil. Ce qu’il convient de faire, c’est de réinventer les règles du jeu pour le rendre enfin humain. Ce ne sera pas facile et cela exigera beaucoup de remue-méninges et de dévouement. Désigner quelques « responsables » au hasard à la vindicte publique ne serait ni plus ni moins, et une fois encore, que du panem et circenses.

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).

* Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Référence : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2194

25 septembre 2008

La crise sarkozyste.....

"moi, Carla, je n'ai jamais été de gauche ....

Crétin, imbécile propos aux STATES ... d' un Président qui est supermenteur, superagité...

Et le revoila à TOULON nous lancer que nous sommes en crise, que la croissance, que le pouvoir d' achat va souffrir et patati patata !

Marre de ce dirigeant, qui fraye avec les milliardaires, qui se pavane sur le CAP NEGRE, s' occupe des problèmes de copropriété de belle maman, qui protège Jaquouille des vilains corses, qui démantèle le service public et qui vient nous dire il va falloir se mettre dans la tête que nous entrons dans une crise durable ....

Mais pas de plan d'austérité !

ON Y EST !

des plus pauvres aux classes moyennes , on se serre la ceinture ! ! !
Pas à cause de la CRISE mais à cause de SA politique !

On se restreint sur TOUT, même sur les dépenses de santé ...

Et les grandes marques jouent avec nous pour maintenir leurs marges !

Qu'il commence lui, et son gouvernement, à revenir sur le bouclier fiscal ....

LARCHER je l'aime pas beaucoup .... mais voir la tête de JP RAFFARIN, ça me fait plaisir et comme l' a dit SEGOLENE hier sur CANAL+, les habitants de Chasseneuil du Poitou vont être heureux de le revoir...

Vite le PS désignes ton 1er secrétaire et mets toi vite en ordre de bataille ...

Pour 2012 .... SEGOLENE tient toi prête !

19 septembre 2008

Tout à l' égout sarkozyste ...Vive le Canard enchaîné et Bravo Ségolène !!!

Lire le Canard Enchaîné de ce 17 septembre me fait aimer de plus en plus le mari de Carla et sa clique ...

J' y apprends que notre très présent Président s' occupe même de la merde des voisins de belle maman !

Non content d' accueillir en grandes pompes le Pape BENOIT XVI, qui déteste les divorcés, il a eu le temps de s' occuper du tout à l' égout des BRUNI-TEDESCHI, les petits riches du Cap Nègre.

Un grand Président... qui ne semblait pas connaître EDVIGE !

Je lis aussi que nos soldats partant en Afghanistan doivent compléter avec leur solde leur équipement militaire, s' ils ne veulent pas avoir trop froid ou s' ils veulent avoir une boisson plus ou moins fraîche...

La ministre de Bercy a fait un caca nerveux car un camions de livraison bloquait sa voiture dans la cour du ministère, c' est encore elle qui a dit que tout était OK pour les banques françaises, on ne risque rien ...

Je soupire de soulagement pour le Président du Sénat qui ne rempilera certainement pas, il a bien utilisé les fonds de la République ... soulagé aussi de savoir que la la loi ne fixe aucun plafond de dépenses pour les sénatoriales !

"Anomalie de la démocratie" d' après L. JOSPIN, le Sénat est assuré de rester à DROITE ...

Davos ... j' apprends par Cécilia  ex Sarkozy que Richard Attias, son mari  : " organisait le Forum de Davos depuis 13 ans pour Klaus Schwab (président du Forum économique mondial de Davos ). Le jour de notre mariage, ce dernier nous a fait un beau cadeau en nous annonçant qu'il se passerait désormais de Richard pour ne pas se mettre mal avec le gouvernement français..."

J' ai la joie aussi de lire que l' IFRI et l' équipe sarkozyste veulent faire en octobre prochain d' Evian un nouveau Davos...

C' est avec une joie certaine que je lis que Catherine MIllet était elle aussi à LOURDES, que la "taxe pique-nique" va être instaurée et que la part des ménages dans la production annuelle de détritus représente 4 %, le reste,  soit 96 % provient des agriculteurs et des industriels ...  et que la contribution de ces derniers au développement durable s' amenuise et est nettement inférieure à celle des industriels allemands...

Ce vendredi, je soupire Sarkozy a convoqué les vilains Borloo et Kosciusko Morizet, exit, pour l' instant, la taxe pique-nique...

Enfin je savoure les médailles pour nos bacheliers, je pleure sur le peu de considération vis à vis de nos athlètes handicapés...

Un vrai temps de chien.

OUPS ....

Non !

Je découvre une Ségolène en forme, une battante sur RMC-BFM TV:

Un véritable rayon de soleil !

13 septembre 2008

Université d' été 2008 du PS...

Il n' y a pas eu que des querelles de personnes la preuve :

http://larochelle2008.parti-socialiste.fr/

Audiovisuel :

http://larochelle2008.parti-socialiste.fr/2008/08/30/atelier-20-laudio-visuel-selon-sarkozyfillon/#more-49

extraits : "...E. Plenel se prononce même pour une augmentation de la redevance. Internet impose aux journalistes un dialogue direct avec leurs lecteurs et la gratuité de celui-ci est essentielle. La logique de gratuité totale induit une baisse de la qualité des contenus. N. Sarkozy est le mandataire d’un petit monde qui le méprise, mais le soutiendra toujours s’il continue à les servir. Il demande enfin au PS de prendre la question de la liberté d’information à bras-le-corps et d’imposer une forme de radicalité démocratique...."

Politique économique et sociale de gauche :

http://larochelle2008.parti-socialiste.fr/2008/08/30/atelier-16-quelle-politique-economique-et-sociale-de-gauche%C2%A0/#more-50

extraits : " ....Pour Gérard Collomb, la gauche n’est pas capable de répondre aux nouveaux enjeux de la mondialisation et reste sur des schémas propres aux trente glorieuses. Le Parti socialiste doit absolument réfléchir à un nouveau modèle tenant compte des changements internationaux. Selon lui, les politiques contra-cycliques ont gaspillé toutes les marges de manœuvre et le pays est en faillite. Seul le niveau européen offre des capacités de relance et la France doit se repositionner sur l’économie de la connaissance et de la qualité...."

Santé, sécurité sociale, retraites :

http://larochelle2008.parti-socialiste.fr/2008/08/30/atelier-15%C2%A0-sante-securite-sociale-retraites-le-debat-droite-gauche/#more-40

extraits: "...Jean Le Garrec constate que Nicolas Sarkozy est bien dans la rupture avec des choix effectués à la Libération. Il procède à une vraie transformation régressive du système. A ses yeux, les chiffres de la commission des comptes de la sécurité sociale indiquent un déficit de plus de 9 milliards d’euros, dont 5,6 milliards d’euros pour la branche vieillesse et plus de 4 milliards d’euros pour l’assurance maladie. Les objectifs de la réforme Douste-Blazy qui prévoyait un retour à l’équilibre en 2007 est définitivement hors de portée. Le déficit de l’assurance-vieillesse ne cesse de se creuser depuis 2004. Dans le domaine des retraites, tout indique que la priorité concernant l’emploi des seniors n’existe pas. Dans ces conditions la volonté d’allongement de la durée de cotisation n’a pas de sens..." ..." Jérôme Cahuzac s’interroge sur le financement de la santé. Il faut se mettre d’accord sur les principes. Nous devons « graver dans le marbre » le principe de solidarité mais accepter dans le même temps que les politiques publiques soient transformées. La réflexion branche par branche ne nous n’interdit pas de réajuster un mode de financement injuste et de moins en moins progressiste (bouclier fiscal, franchises médicales, déremboursements)...."

Il y a eu d' autres ateliers débats ....

Ils ont bossé à la Rochelle !

11 septembre 2008

Petit film de présentation de la contribution conduite par Ségolène Royal

Une fois encore on voit que Ségolène veut impliquer les militants dans les débats.

J' ai lu son livre à quatre mains "Si la gauche veut des idées"

C'est un dialogue, un échange d' idées avec Alain Touraine !

C' est un livre de fond, on est loin des petits livres de candidats pour la candidature.

20 euros, à acheter d' urgence !

09 septembre 2008

Jean Louis Bianco à Nice

C' est un homme politique toujours intéressant à écouter !
Il reste fidèle à Ségolène et parle du PS, de la politique de Sarkozy/Fillon/Kouchner/Hirsch...
 
J' ai noté aussi ces derniers jours que Bayrou avait franchi un nouveau pas.
Je redis aussi qu' il y a déjà pas mal de mois, voire 1 ou 3 ans qu' il a pris une certaine distance avec l' UMP...
Il y a des étés où je pense que le seul opposant audible est ce M. BAYROU...
 
Non pas que le PS ne s'oppose pas à la politique de cette droite anti-sociale, un terme galvaudé mais qui va si bien à ce gouvernement, non,  le PS est simplement inaudible...
Les médias, la fin du "règne" de F. Hollande et tous les candidats plus ou moins officiels à sa succession le rendent inaudible!
 
Ils critiquent la politique du mari de Carla, mais le PS a besoin d' une tête, une seule tête pour faire front à Sarkozy !
 
Oui, le PS manque d'un (e) leader !
 
Que novembre arrive vite !

01 septembre 2008

HUMEURS ....

C. ALLEGRE ...

Nouvel obs. : L'ancien ministre "socialiste ?" de l'Éducation annonce qu'il a accepté d'organiser en fin d'année des "Assises européennes de l'innovation" à la demande du chef de l'État.

"Un traître en nous quittant... nous affaiblit bien moins qu’un lâche défenseur." Jean Racine, Alexandre

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Le Premier sinistre François Fillon a assuré qu'une nouvelle réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) n'était "pas à l'ordre du jour", alors que la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, avait au contraire évoqué un peu plus tôt cette possibilité.

"Il n'y a pas de réforme de l'ISF à l'ordre du jour", a déclaré M. Fillon, interrogé sur Europe 1 sur la réforme de cet impôt envisagée par Mme Lagarde dans un entretien au quotidien La Tribune paru lundi.

"Nous avons fait une réforme de l'ISF qui est une réussite", a déclaré le Premier sinistre, citant notamment le "bouclier fiscal à 50%".

Réussite pour qui ?

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Centre ville de Nice

....La nuit de samedi à dimanche a sans doute été plus noire qu'à l'ordinaire.... Un « commando » composé d'une quinzaine de militants de l'association écologiste Greenpeace a sillonné le carré d'or à partir de minuit pour éteindre les lumières (1). Celles de ces commerces qui laissent leurs enseignes et leurs devantures consommer des milliers de watts à une heure où plus aucun ne fait du lèche-vitrines..

Source Nice Matin, et où était la lumière ESTROSI ?

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Nice - Poubelles : comment mettre l'incivisme au vide-ordures

"Les conteneurs jouent les encombrants. Un peu partout à Nice et souvent, à des heures, où ils devraient être à l'abri des regards. Cette riveraine de la rue Saint-François-de-Paule en sait quelque chose : « A hauteur du 15, il y a une cour privée, devant ou dans laquelle, échouent régulièrement, les conteneurs d'établissements riverains : hôtels, bars, restaurants... Il y en a eu jusqu'à 11 ! Qui sont restés ainsi toute la matinée. Joli spectacle pour les vacanciers. Les propriétaires sont pourtant obligés de les rentrer avant 9 heures non ? ..."

Source Nice Matin ...

Voilà des années que je parle de l'incivisme chronique des habitants de NIce !

De la saleté aux alentours du Théâtre, du Mamac ou d'Acropolis  et d'autres coins de NICE !

On pouvait penser que la lumière ESTROSI allait remédier à cela !

Beaux discours, oui et c'est tout  !

Pour être clair, homme de gauche, je n'hésite pas à dire : il faut sanctionner les incivilités !

Comme Ségolène l'avait souligné pendant la campagne présidentielle, il faut punir, donner une peine dès la moindre infraction, le moindre délit.

Qui circule dans Nice et qui ne voit pas les sacs poubelles traînant dans les rues du samedi au dimanche soir, qui ne voit pas certains se laver dans dans les bassins nauséeux d'Acropolis ?

Qui n'a jamais vu un feu rouge grillé par une ou deux voitures, par des bus ? et ces vélos, scooters qui roulent sur les trottoirs ! et ces cracheurs ! et ces automobilistes le téléphone greffé à l'oreille ?

Je parle des -habitants - de Nice, je ne dis pas niçois....

Je reprends à mon compte aussi ce qu'écrit NICE MATIN à propos des poubelles, des containers qui restent sur les trottoirs  :"Parce que les concierges, les gardiens d'immeubles disparaissent et que les sociétés sous-traitantes les remplaçant, ne font pas toujours leur boulot de rangement."

Voila des emplois utiles, un gardien d'immeuble c'est une présence, c'est utile et necessaire

 

OUI j'ai un coup de chaud ce 1er septembre !

31 août 2008

Université d'été du PS extraits du discours de Ségolène Royal...


SEGOLENE ROYAL DISCOURS D'OUVERTURE UNIVERSITE ETE
envoyé par sandrinegarnaud

 

Discours interessant ....

On voit à la Rochelle des alliances "contre nature" pour refaire le TSR ... Tout sauf Royal !

Les DSK se déchirent alors que DSK se prépare pour 2012 loin de nos problèmes nationaux ...

Encore un effort Ségolène et tu rassemblera  les socialistes et la gauche !